Je sais son regard blanc sur son lit mortuaire
Et l'épée de poison qui transpersa mon père
Je sais les dos voutés sous les tristes nouvelles
Et je sais les bruits sourds, je sais les coups de pelle
Je sais les voix fanées qui s'habillent d'excuses
Et celles trop huilées emmaillotées de ruse
Je sais les longues nuits à courtiser la mort
Pendu aux murs blanchis à la chaux du remord
Mais ne me demande pas
Pourquoi elle s'en va
Je ne sais pas
Je sais tous les amis qui se troquent des rêves
Au bras de mots jaunis au goulot ou l'on crève
Je sais toutes ces heures enfilées en collier
Qui ½uvrent pour la mort sans vraiment s'en douter
Et je sais que la pluie ne lave rien du tout
Qu'elle aide juste notre ennui à tenir jusqu'au bout
Je sais ces heures lentes qui gravissent la nuit
Et la lune élégante qui de travers sourit
Mais ne me demande pas
Pourquoi elle s'en va
Je ne sais pas
Je sais qu'il manquera toujours quelqu'un en bout de table
Et je sais oh combien tu étais désirable
Je sais la solitude et ce gout de sang dans la bouche
La misérable habitude de finir seul dan sa couche
Je sais les tours joués par le gout de l'impossible
Je sais l'amour qui meurt dans des souffrances horribles
Je sais qu'à trop se retourner on tourne le dos au bonheur
Le reflet du visage déformé dans un lac de douleur
[...]
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